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Interview avec Top Adlerman PDF  | Print |  E-mail

MUSIQUE

topDans un entretien réalisé pour le compte de Haitian Television Network et le Connecticut Haitian Voice, l’artiste Top Adlerman s’est livré sans retenu et a abordé bien des sujets qui devraient à coup sûr   intéresser ses fans.

De sa rencontre   avec Master G, en passant par les sources d’inspirations de plusieurs de ses Hits, l’artiste nous raconte ses aventures, ses rêves et surtout ses projets en cours.

On a découvert un artiste très engagé dans les questions sociales et surtout très concerné par les problèmes qui rongent notre pays.

ED - Parlez nous de votre carrière artistique.

Top Adlerman - Ma carrière artistique c’est ma vie en général. Je pense que je suis avant tout un artiste. Pour ne pas trop élaborer là-dessus, j’ai fait mes débuts au sein de l’Original Rap Staff. Je savais danser avant tout. J’ai d’abord commencé à interpréter la musique des autres. Ma grand-mère étant une vraie mélomane, la musique était partie prenante dans ma famille.

ED - Quand avez vous décidé de ne plus interpréter la musique des autres ?

Top Adlerman -  À l’instar d’un enfant qui fait ses premiers pas, j’ai franchi des étapes. Au début j’ai rejoint Master G qui recrutait de jeunes rappeurs en herbe. Des gens qui me regardaient évoluer sur scène ont dû déceler très vite quelque chose de spécial en moi car beaucoup d’entre eux m’encourageaient. Ce qui compte pour moi c’est de plaire à mes fans et les aider à combattre le stress.

À la mort de Master G, des rappeurs se sont réunis   pour lui rendre un vibrant hommage   et c’est de là qu’a pris naissance le groupe Original Rap Staff. À l’époque nous avions composé une musique   qui s’appelait Bagay Dwòl.

ED - Bagay Dwòl a, certes, fait couler beaucoup d’encre à cette époque. Top Adlerman, dans quelle circonstance cette chanson a-t-elle été composée ?

Top Adlerman - A cette époque, il y avait un Coup d’État et l’armée détenait les rênes   du pouvoir. A la sortie d’une réunion, mes confrères de Original Rap Staff et moi, passions près d’une caserne   et j’ai vu un attaché qui battait quelqu’un. Je regardais, impuissant, la scène et c’est ainsi que m’est venu à l’idée sa k’ap fèt bagay dwòl.     Arrivé à la première ruelle Jérémie chez Money Mike   j’ai partagé l’idée avec eux. À partir de là, on a développé le sujet collectivement.

ED – Ce slogan était devenu très populaire. À la question « Sa k’ap fèt ? », les gens répondaientt toujours « bagay dwòl ». On a l’impression que cette musique est restée gravée dans la mémoire des gens. Le régime militaire d’alors était hostile envers cette chanson.   Est-ce que vous ne vous sentiez pas menacé?

Top Adlerman - Nous étions vigilants, la jeunesse était de notre côté et nous étions bien informés. En plus de cela, nous avions des membres influents du gouvernement qui nous alertaient. Malheureusement il y avait eu quand même des victimes : certaines personnes ont été tabassées à cause de cette composition. Mais nous en n’étions pas responsables.

ED - Comment vous considérez –vous, Rappeur ou Chanteur de compas ?

Top Adlerman - Je me considère comme un artiste haïtien qui marche avec le temps. Chez nous il y a une profonde division de styles : racine, rap, compas. Par exemple, aux États Unis, un artiste est un artiste quel que soit le style adopté. Mais en Haïti c’est différent, il s’agit du genre de rythme qui fait danser les gens pour le moment. Si un artiste est seulement artiste racine et que ce n’est pas le racine qui mène la danse, l’artiste va être mis de côté. C’est ainsi que sont les choses en Haïti. Moi, je les vois différemment. C’est pourquoi je fais un peu de tout. J’ai débuté dans la musique rap-raga morphine, mais avant tout je suis haïtien et je ne peux pas négliger ma culture.

ED – Pouvez-vous nous parler de votre tube : Pwoblèm mwen ?

Top Adlerman - Je dois vous avouer que je ne suis pas content d’avoir écrit cette chanson. J’aurais préféré aborder d’autres thèmes, cependant la situation du pays m’a porté à le faire. Mon rôle en tant qu’artiste est de dire tout haut ce que les gens pensent tout bas.

ED - Je constate que votre carrière artistique accompagne la lutte quotidienne du peuple haïtien. Est-ce qu’il   n’y   pas de place pour l’amour?

Top Adlerman - L’amour c’est moi, c’est toi, c’est lui ; en un mot c’est nous

ED - L’amour pour une belle femme ?

Top Adlerman - Le vrai amour c’est de s’aimer soi-même. Quelqu’un peut partir à la recherche d’une personne à aimer mais le plus important c’est de s’aimer soi-même. Le premier objectif c’est d’aimer sa propre personne. À partir de là, on peut partager l’amour.

ED - Parlez nous de vos projets futurs.

Je suis en studio maintenant.   Après Watcha Krazem, je n’ai pas produit d’album. Il m’a pris du temps pour le faire, non pas par manque d’inspiration mais par respect pour les fans car je veux leur donner un produit de qualité. D’ailleurs la musique est éternelle et je ne sais pas combien de temps je serai sur terre mais je veux qu’après mon départ, on continue à jouer ma musique. On ne fait   pas de la musique pour dire seulement “ Kite konpa mache “. Cependant, un texte bien charpenté, accompagné d’une mélodie peut mettre tout le monde sou konpa.

ED - À quand la sortie de ce CD tant attendu par vos fans?

En fait, ce Cd devrait être déjà sur le marché mais je ne me plains pas. Pour des raisons indépendantes de ma volonté, le public devra attendre encore.

ED - Peut on s’attendre à une vente signature ou performance de Top Adlerman à Connecticut?

Top Adlerman - J’ai déjà visité le Connecticut mais je n’ai pas encore eu l’opportunité de performer là-bas. Comme vous le savez, j’aurais pu prendre la décision d’organiser un programme avec mes amis de Connecticut, mais, comme en mathématiques, tout s’enchaîne. Je ne peux pas me passer des promoteurs qui peuvent se sentir offensés   et me faire payer cher cet écart. Pour moi il serait mieux qu’un promoteur me contacte afin qu’on puisse mettre quelque chose sur pied.

ED - Top Alderman, est-ce que vous avez un dernier mot pour vos fans?

Top Adlerman - Je suis très content d’avoir la chance de communiquer avec mes fans et aussi avec ceux qui vont découvrir Top Adlerman. Je pense que ma carrière musicale   ne dépend   pas seulement de moi mais aussi de vous, de la façon dont vous   faites ma promotion dans votre communauté.

Merci. 

Propos recueillis par Emmanuel Doreste